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La filleule Olga est devenue « Docteur Olga »

Docteur Olga

Etudiante d’origine moldave, Olga Turcan a récemment soutenu avec brio sa thèse intitulée : « Le Français en Moldavie, entre héritage, tradition et mondialisation ». Elle est aujourd’hui docteur de l’Université de Strasbourg en sciences du langage (sociolinguistique).

On a beaucoup parlé de la jeune femme, dans tout l’hexagone, en 2013 : télévisions, radios et journaux ont évoqué son cas. Elle avait entrepris ce travail de recherche, d’enquête et d’interviews des acteurs de la Francophonie en Moldavie, sans en connaître les contours et les limites exactes. La tâche était énorme !

Elle avait rassemblé tous les éléments nécessaires à sa thèse, mais il lui manquait deux choses : le temps et les ressources matérielles pour analyser et synthétiser toute cette matière, rédiger et imprimer cet important travail de 374 pages, 1000 avec les annexes.

C’est alors qu’elle a eu l’idée de lancer un appel à des parrains et marraines, appel amplifié par ses interviews sur les ondes.

Environ 133 chèques lui sont parvenus de tout l’hexagone. Bref, elle a obtenu ce qu’elle souhaitait : 12 mois de sérénité pour achever son œuvre.

Une année plus tard, c’est chose faite, pari gagné.

Semaine de la Francophonie

La date retenue, le jeudi 27 mars n’est pas l’effet du hasard. Cette semaine est en effet celle de la Francophonie dans le monde. Elle est célébrée dans au moins 90 pays de la planète et notamment en Moldavie.

Le jury qu’elle avait en face d’elle était représentatif de la diversité et de l’ampleur de la Francophonie en Europe : le président était Claude CONDE, ancien président de l’Université de Franche Comté, ancien professeur du C.L.A. à Besançon et actuel directeur de l’Agence universitaire de la Francophonie à Bruxelles.

Il avait à ses côtés Ana Gutu, docteur de l’Université de Chisinau (la capitale de la Moldavie), mais aussi député dans son pays et déléguée au Conseil de l’Europe à Strasbourg, Sanda-Maria Ardeleanu, professeur d’Université en Roumanie et député à Bucarest, Michel Francard, professeur à l’Université catholique de Louvain (Belgique), Claude Truchot, professeur à l’Université de Strasbourg et Dominique Huck, également professeur à l’Université de Strasbourg, directeur de thèse, conjointement avec Ana Gutu.

De gauche à droite : Michel Francard (Louvain), Ana Gutu (Chisinau), Olga Turcan , le président Claude Condé, Sanda-Maria Ardeleanu, professeur et député roumaine, Claude Truchot et Dominique Huck, directeur de thèse

Pendant trois heures, Olga Turcan a répondu avec talent et érudition aux questions des jurés. Son travail a fait apparaître le rôle du Français pendant les 50 ans passés sous la férule soviétique : langue historique des élites et des érudits (depuis le 19e siècle) de cette ex-province roumaine passée dans le giron soviétique en 1940, elle a servi de barrage à l’expansion musclée du russe et des caractères cyrilliques. Elle a protégé par sa proximité romane la culture héritée de l’ancien empire romain d’orient.

Depuis 1991, chute du communisme, entre l’offre russe et celle des Américains, le Français propose une alternative, historiquement juste, de culture et d’ouverture vers l’Europe de l’Ouest.

Entre l’oncle Sam et l’ours russe

Et l’on peut dire aujourd’hui qu’entre l’oncle Sam et l’ours russe, grâce à de vaillants soldats comme Olga Turcan et ses collègues, le Français a une place et un avenir.

« C’est une thèse pionnière, un travail exceptionnel, facile à lire. Elle structure un espace de recherche où il n’y avait rien. C’est un outil de recherche et de référence qui mérite d’être édité », a spécifié Claude CONDE qui sait, par expérience, que derrière les efforts des deux « grands » pour imposer leur langue se profilent de puissants intérêts économiques. Le Français propose donc une troisième voie que près de la moitié des étudiants saisissent.

Les jurés ont associé leurs compliments à ceux du président, tout comme les 65 parrains et supporters présents du « docteur Olga » qui, en lui donnant les moyens d’étudier pendant un an, étaient fiers de leur « filleule ».

Délégation de Port sur Saône

Une délégation de Haute-Saône était présente dans l’amphi strasbourgeois. A Port sur Saône, en effet, le festival de folklore annuel est l’occasion d’échanges culturels. Avec la Moldavie, le contact a été établi il y a dix ans et c’est Olga Turcan, alors responsable de l’Alliance française de Cahul, ville du sud de la Moldavie, qui a accueilli la première délégation française conduite par le maire, Jean-Paul Mariot et le président de la Communauté de communes, Jacques Lallemand.

Olga est venue à Port sur Saône et dans les villages de la vallée de la Saône où elle est reçue dans « ses » familles françaises. Elle s’est appuyée sur les échanges avec la station des bords de Saône pour démarrer son travail de recherche.

Par le biais de « Culture et Loisirs », Jean-Paul Mariot a répondu par des encouragements sonnants et trébuchants à l’appel de la jeune Moldave.

Entre Port et Cahul, sa ville natale, des liens francophiles et francophones se sont tissés. Cette année, par exemple, le groupe folklorique « Juventus » et un orchestre de jeunes Moldaves seront avec leurs élus au festival d’août 2014. Olga Turcan viendra aussi dire aux élus de Port et de la région sa gratitude d’avoir trouvé en terre haut-saônoise un soutien matériel et moral capital à son projet.

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